analyse d’André Ruellan critique d’Art

HUREL Arlette
www.arlettehurel.com Critique d’Art André RUELLAN

 

Au cours de mes pérégrinations artistiques, j’ai rarement eu affaire à une (ou un) artiste qui se désigne si nettement « cent pour cent autodidacte » qu’Arlette HUREL. Bien sûr, des concepteurs autodidactes ne manquent guère au fil des cimaises, mais rares sont ceux qui se réfèrent si hautement à cette décision de s’instruire dans leur art sans l’aide de mentors. Dans le cas de cette artiste normande, cette définition devient une véritable profession de foi et de caractère qui voue aux gémonies toutes tendances et inspirations magistrales pour avancer dans l’univers brouillon des arts plastiques avec cette détermination et une audace dont l’association forme au minimum, un espace brûlant de liberté qui permet à Arlette HUREL d’évoluer à sa guise, de changer, de magnifier ses œuvres au gré de sa pensée et de sa détermination pour le moins volontaire. D’où cette élaboration affirmée en peinture, en collage et en photo qui échappe à une créativité unifiée, mais se calque sur l’expérience et l’expérimentation de l’artiste, et surtout sur ses coups de cœur, ses états d’âme et de rêveries grâce auxquels elle brasse ses créations en totale liberté de couleurs, de matières, de lignes et de masses et d’où surgit parfois un motif plein de poésie tout en demeurant tributaire des mystères de la géométrie ou de l’imagination. C’est étrange et intéressant, car dans cet ensemble exaltant, Arlette HUREL dépose sa vision étonnante d’un véritable retour aux sources mis au service d’une technique inédite et d’une vision attachante de la composition.

André RUELLAN, critique d’art

 

 

HUREL ArletteAnalyse Artrinet de l’œuvre de HUREL Arlette (Il est possible de cliquer sur chaque code individuellement
pour le situer dans la classification générale.)

Le texte explicatif associé à chacun des quatre critères analysés (A – formalisme, B – matérialité, C – investissement, D – communication) positionne l’œuvre de l’artiste dans l’histoire de l’art en rappelant éventuellement les courants artistiques auxquels elle se rattache, ou les noms des artistes illustres s’étant exprimés dans une approche voisine.

A : FORMALISME
Le premier critère porte sur le formalisme de l’œuvre : que voit-on quand on regarde une œuvre, quel type de formalisation se donne à voir de prime abord ? Est-ce plutôt abstrait, plutôt figuratif, plutôt…, etc (classé du plus « immatériel » au plus « réaliste »).?

A140 : Abstrait Construit géométrique : « Hard edge », Minimalisme, Néo-Minimalisme
De « l’Art concret » à « l’Art minimaliste », toutes formes ou agencements de couleurs traités rigoureusement, orthogonalement, et réduisant au maximum la sensibilité (Joseph Albers, Mondrian, Gorin, Ad Reinhardt, « monochromes » de Rodtchenko, Frank Stella, Peter Halley, J. Armleder, R.M. Trockel, … et en sculpture ; Carl André, Sol Lewitt, Tony Cragg, …).

A210 : Abstrait avec signes
L’œuvre globale reste abstraite mais comprend des (ou est faite uniquement de ): signes formant des graphies sans sens
le signe comme forme plastique jouant dans la composition de l’espace pictural (R.Motherwell, Giuseppe Capogrossi, Christian Dotremont, Cy Twombly, …).

B : MATERIALITE
Le second critère porte sur la matérialité de ce qui est donné à voir. S’agit-il de pur concept, de jeu de matières, d’objet détourné etc. (classé du plus « immatériel » au plus « réel ») ?

B210 : en matérialité structurée, avec prééminence des matières
leur épaisseur, leur composition ou leur travail architectonique plutôt structuré (comment les matières sont « baties »), sont ici le plus important (Eugène Leroy, Bertrand Lavier, …).

B200 : en matérialité structurée, avec prééminence des couleurs
avec leurs force intrinsèque, symbolique (p.ex. « les bleus » de Monory, « les rouges » de G. Fromanger), historique, sociale, etc., et leur structuration, les couleurs sont ici le plus important (Jules Olitsky, Peter Halley, …).

B190 : en matérialité structurée, lignes / à plats / Dessin
– Importance du « trait » pour le dessin (Hans Bellmer, Pierre Klossowski, J.L.Guitard,…), voire pour la gravure, etc.
– Importance des lignes qui structurent les champs colorés ou des dessins qu’ils contiennent (R.Indiana, P. Stampfli, V. Adami, H. Télémaque, M. Sanejouand, Aki Kuroda,…).

C : INVESTISSEMENT CORPS / ESPRIT
Le troisième critère porte sur « l’investissement » de l’artiste dans son œuvre. Avec quel ratio Corps / Esprit, l’artiste s’investit-il dans son œuvre ? Classé du plus « intellectuel » (p.ex. « l’Art Conceptuel », …) au plus « physique » (p.ex. le « Body Art », …).

C130 : plus vers l’intellectualité / l’essence, travail intérieur axé plus vers l’introspectif
paysages intérieurs, émotions, sensations (Arpad Szenes, …), sérénité (« Monochromes » de Yves Klein, …), équilibre (« mandalas » de Augustin Lesage ou Adolf Wölfli, …), mémoire (« les boîtes » de Boltanski, …). Pour la recherche d’un équilibre « ressenti ».

D : COMMUNICATION
Le quatrième critère porte sur l’aspect « communication » : L’artiste a t-il une volonté délibérée de communiquer à travers ses œuvres un message quelconque ? (classé du plus « spiritualiste » au plus « sociétal »).

D110 : via le signifié avec des spiritualités diverses, ou du religieux moins marqué
(de Barnett Newman à Mark Rothko, de Roman Opalka à Arnulf Rainer, …).